Les intuitions de départ et les choix stratégiques d'Alto en faveur
d'une approche mixte intégrant le e-learning à une démarche
plus globale de développement, sont aujourd'hui confirmés par de
nombreuses études, recherches de provenances diverses. Celles-ci tendent
en effet à démontrer l'importance de loger le e-learning dans une
démarche d'apprentissage et de développement plus globale - formation
« intégrée », approche « mixte »,
« blended instruction »- pour en accentuer la portée
et l'efficacité.
L'importance du e-learning, l'efficacité de la formation intégrée
La Société Thomson Learning (G.-B.) a publié récemment
les résultats de son étude comparative entre la formation en e-learning
et la formation mixte dite « formation intégrée ».
Intitulée « L'impact de la nouvelle génération
de formation pour les entreprises » (résultats de février/mars
2002), cette étude a été réalisée dans de
grandes organisations anglo-saxonnes et révélerait que la formation
mixte serait plus efficace que la seule formation en e-learning.
L'efficacité est ici mesurée en termes de « gain de
temps d'exécution » et de « précision d'exécution ».
L'étude a comparé trois groupes-tests ayant à apprendre
le logiciel Excel de Microsoft : le premier suit un modèle de formation
mixte, le second, une formation en e-learning pure avec des cours en ligne (offre
Netg Standard, Netg fait partie de Thomson Learning) et le troisième
ne suit pas de formation.
Les trois groupes ont été évalués, après
la formation, en situation réelle de travail. Il ressort que les
résultats obtenus par le premier groupe (concernant la précision
d'exécution), sont 30% supérieurs à ceux du groupe du e-learning.
Les tâches réelles auraient été accomplies 41% plus
rapidement par le groupe en formation intégrée. Il semblerait
que les apprenants du premier groupe obtiennent 88,6% de taux de réussite
aux tests finaux, soit 20% de plus que ceux ayant reçu une formation
en e-learning pure et 54% de plus que les personnes du troisième groupe.
L'étude montre que dans le premier groupe, en « formation
intégrée », certains points auraient été
des facteurs de réussite notamment, l'utilisation de scénarii
basés sur des exercices, l'intégration d'objet de formation, la
connaissance des apprenants des fonctionnalités de base du logiciel,
l'accès à un tutorat pendant la formation en ligne et l'évaluation
en situation réelle de travail.
Ce dont il est ici question n'est pas tant une approche mettant en interaction
e-learning et formation en classe, mais surtout un e-learning conjugué
avec un tutorat pertinent et une interface constante avec des situations de
travail et des tâches quotidiennes concrètes. Bien que l'objet
de la formation soit ici technique - la maîtrise d'un logiciel - on peut
sans risque d'erreur inférer qu'une approche similaire - proche du modèle
Alto - n'en sera que plus pertinente et efficace dans le cas du développement
d'une compétence générique, comportementale, où
l'action en interaction avec d'autres est au cur de l'apprentissage et
du développement.
Une culture qui valorise le e-learning et soutient les apprenants
Nous relatons ici les conclusions d'une petite étude menée par
une société de conseil basée à Boulder au Colorado
telles qu'elles ont été communiquées par sa vice-présidente
exécutive Sheila Paxton lors du Congrès 2001 de l'American Society
for Training and Development (ASTD) tenu à Orlando en Floride. Ces conclusions
sont rapportées par Bernard Blandin et ont été publiées
dans le numéro 63 de juin/juillet 2001 de la revue Ressources.
Tout d'abord, Sheila Paxton constate dans les entreprises où elle intervient,
un fort taux d'abandon ou de non-fréquentation de la formation en ligne
: seuls 15% des salariés d'entreprise ayant mis en place une solution
e-learning suivent la formation
Les raisons de l'échec sont triples : en premier lieu, au niveau de
l'organisation, l'absence de soutien administratif, hiérarchique ou
pédagogique à la formation et l'absence de reconnaissance ou de
validation des acquis. Une deuxième série de raisons est liée
aux supports eux-mêmes, généralement mal conçus,
peu attrayants et ne tenant pas compte des styles d'apprentissages différents.
Une troisième série de raisons est liée aux difficultés
rencontrées par les apprenants, qui ne maîtrisent pas la technologie,
qui ne sont pas motivés, ou qui parfois tout simplement ne maîtrisent
pas certaines habiletés de base, comme la lecture ou la frappe au clavier.
Pour Paxton, on ne peut construire un système de e-learning sans commencer
par poser les fondations du système de formation de l'entreprise.
Il faut donc commencer par mettre en place un dispositif institutionnel d'encouragement
à se former et une logistique spécifique, puis ensuite faire le
marketing et la promotion de la e-formation, mettre en place un système
de tutorat en s'appuyant si possible sur l'encadrement intermédiaire,
et enfin essayer de développer la motivation des apprenants. Ce n'est
qu'une fois ces fondements consolidés que l'on pourra mettre en place
des solutions mixtes de e-formation, des blended solutions, comme c'est
actuellement la tendance.
Ce diagnostic des sources d'échec d'une offre organisationnelle de e-learning
correspond bien à la lecture des besoins faite par Alto. Son offre mixte,
soutenue par un accompagnement humain, permet la validation et la reconnaissances
des acquis en matières de compétences génériques
et constitue une source de motivation pour les apprenants à s'engager,
à poursuivre et à traduire l'apprentissage dans l'action.
Publié dans le Bulletin Alto No.2 Volume 1, septembre 2002
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